



L’édito
01
Je devais peut-être avoir 11 ou 12 ans la première fois que j’ai expérimenté le pli. J’avais décidé avec toute ma conviction de pré-adolescente de me faire un petit sac à main en toile avec un bout de tissu Madras qui traînait à la maison.
Je me souviens avoir trouver un patron. Peut-être dans Modes & Travaux. J’y ai passé des heures. Des heures à essayer de déchiffrer les dessins techniques. Des heures à tenter de donner du sens aux instructions données.
J’étais fascinée.
Un carré de tissu plat, fin, sans vie. Et je pouvais lui donner un autre souffle ? Une autre forme ?
Moi qui était tout sauf une amoureuse des mathématiques, je devais m’appliquer à calculer, pincer, plier…
J’en ai gâché des bouts de tissu et plus tard de cuir.
Intriguée, énervée, émerveillée.
Témoin de l’inventivité de l’humain, le pli dit notre amour du beau, notre envie de marquer la matière pour qu’elle dise autre chose.
Tour à tour avec audace, discrétion ou outrage, le pli se cache et se révèle. Et il offre toujours au textile une identité nouvelle et structurée.
Je dédie ce premier numéro des cahiers du textile à celle qui l’a inspirée. Celle qui fabrique ‘religieusement’ des plis de lumière avec un esprit à la fois cartésien et follement innovant. (Vous découvrirez son travail dans le numéro).
Et à Sylvie Chaput, poétesse du pli permanent et de la création textile passionnée et passionnante.
Vicky André, rédactrice en chef.

LA REVUE DIGITALE
Les cahiers du textile
Vol. 01 – Les mémoires du pli
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